Un mot: Enamorate!

¿ Hablas Español ?

Ya no ya :

littéralement « oui, non, oui ». Ce qui veut dire « fini de rigoler , on arrête là. » L’équivalent sud-américain des indiens qui, pour dire « oui » hochent la tête de droite à gauche.


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L’histoire d’un petit mot qui m’a entraîné bien plus loin que je ne le pensais.

« Enamorate de algo », c’est comme ça que les artisans péruviens, dans les rues de Cusco, tentent d’attirer le touriste. En lui offrant de tomber en amour pour l’une des leurs créations, d’oublier un peu les conversions euros ou dollars, pour laisser parler un coup de cœur.

Enamorate… « Tombe amoureux » comme une injonction. Ça m’avait fait sourire puis réfléchir. L’Amérique latine a été pour moi un coup de cœur et un coup au cœur. Enamorate comme l’histoire d’un voyage. Enamorate comme une invitation. C’était le mot, le seul.

 

J’aurais pu vous raconter la vie de la rue, les mamies flétries qui tendent la main et tanguent sur leurs jambes, les enfants en haillons, les cireurs de chaussures… Il y a pléthore de documentaires ou d’ouvrages pour dénoncer, alerter, réveiller. Et il n’y en aura jamais assez. Mais ce que j’ai envie de mettre en avant c’est l’ouverture, la curiosité, la solidarité qui percent au milieu des trottoirs sales et pollués. Le Beau qui s’offre fragile. L’inattendu. L’insolite. Les rires: le mien, démuni; le leur, moqueur; les nôtres.

Je suis partie le 17 février 2009 chaussée de mon sac à dos pour trois mois. Au final ce furent neuf mois, le temps d’une gestation.

Neuf mois de déambulations anarchiques à travers l’Amérique latine au gré des rencontres, des appels, des envies, délaissant peu à peu les itinéraires des guides de  voyages pour tracer le mien.

Un peu partout j’écrivais. Pour le plaisir de conter à mes proches ces instants précieux. Pour emprisonner un peu de l’essence de ce continent dans lequel j’ai plongé sans retenue.

Certains font le Tour du Monde des plus hauts sommets, peinent à vélo ou à pieds pour éprouver le monde et s’éprouver. Moi j’ai arpenté :

  • le Brésil, 
  • l’Argentine, 
  • le Pérou, 
  • la Bolivie, 
  • le Paraguay, 
  • l’Equateur, 
  • la Colombie… 

en bus, en taxis, en bateau, à pieds, simplement à l’écoute. Et je n’ai rencontré que des gens qui l’étaient aussi. Ces rencontres j’aurais pu les faire au coin de ma rue. Sans doute le voyage les rend plus denses, plus absolues. En Amérique latine j’ai retrouvé le goût de l’humanité, de l’émotion, de l’attention.

Je suis rentrée dans une France angoissée et anxiogène en plein débat sur l’identité nationale, la précarité, les valeurs. Inondée à nouveau d’informations, de responsabilités, de choix. Une France qui s’interroge beaucoup, qui bouge heureusement, mais qui oublie que, pour vouloir changer le monde on a besoin de rêver, d’espérer, de s’émerveiller.

Ce que j’ai envie de partager est un bouquet d’essences. Une invitation à la contemplation. Un petit goût sud américain sur le bout de la langue.

Depuis ces quelques mots, je suis retournée m’installer au Pérou.

Durant deux ans, j’ai aidé à développer un site de tourisme alternatif dans une plantation de café de la Selva central péruvienne qui poursuit aujourd’hui son chemin en solo.

Et signé un guide de voyage alternatif auprès des éditions Viatao pour que vous découvriez le Pérou chez l’habitant et hors des sentiers battus.

Vous pouvez suivre au jour le jour les bons plans, les découvertes et les aventures de cet Autre Pérou sur facebook.com/naturalguideperu

 

Je vais et viens, n’hésitez pas à me contacter, via le formulaire de contact