Galerie : Lima, la revanche

La capitale péruvienne a mauvaise réputation tant chez les voyageurs que chez les péruviens qui moquent leur capitale anarchique d’un « Lima l’horible ». Or, en dépit d’un trafic épouvantable, de l’éternelle pollution et de la « garrua », un crachin mêlé de nuages gris qui s’étend sur la ville de juin à décembre, elle réserve aussi quelques jolis secrets.

Le très chic et moderne quartier de Miraflores donne un grand coup de pied aux clichés. Pas de paysans ni de flûtes de pan ici, mais un vaste centre commercial ouvert avec vue sur le Pacifique. A deux pas, un écrin de verdure parsemé de sculptures qui rappellent celles de Gaudi : le bien nommé « Parque del Amor ».

Le centre historique a été entièrement réhabilité : façades coloniales sublimes et balcons de bois. Dans les rues piétonnes où les grands-parents sortaient endimanchés pour parader se succèdent aujourd’hui les boutiques de vêtements à petits prix. Le Marché central a gardé ses rangées de poulet et ses fruits disposés comme pour un concours.

Lima a même son joyau, le bobo Barranco. Des bars dans leur jus qui proposent le « butifarra », un sandwich avec oignons, piments et jambon à l’os qu’on arrose de bière. Un pont des soupirs et un promontoire où roucoule les amoureux. Et des concerts dans des cafés à la déco léchée comme un magasin d’antiquités.  

Et surtout, Lima est le centre névralgique de la gastronomie péruvienne, la plus fine d’Amérique du sud: « chicha morada », jus de maïs rouge, « causa », millefeuille de patate douce, avocat et poulet, « ceviche », marinade de poisson blanc au citron servie avec oignons, piments et  patates douces. Lima vaut la peine qu’on s’y perde.