Essences de Colombie

¿ Hablas Español ?

Machista :

« macho ». Limpide. Intéressant de souligner que le « macho » chez nous est « machista » en Amérique du Sud. Donc il faut dire « eres machista »: « tu es macho » même si c’est un homme.


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Où il est question de plats, de musique et de petites phrases…

 

Trois valeurs gastronomiques aux quatre coins du pays:

La Carne asada (grillée) ou frita (frite), une alternative au « pollo » qu’on retrouve chez tous les voisins. Servie avec du riz, une petite salade et sa yucca. Même si on ne peut le comparer à la version argentine, la carne colombienne vaut qu’on tente sa chance. Demandez la avec des « patacones », bananes salées, aplaties comme des crêpes et frites, l’équivalent d’une grosse chips.

La pizza. Quasi absente des pays voisins, sur la côte caribéenne la pizza règne en maître. Des chariots installent leurs fours le soir venu. Deux options : la classique : tomate, formage, jambon et la « hawaïana », ananas en sus.

Le Tinto. Un petit shoot de café noir sucré pour 200 pesos soit moins de 10 centimes d’euros. Les vendeurs arpentent interminablement les rues en criant à pleins poumons « tinto », « tinto ». Lèvez le bras, on vous le sert tout chaud sorti du thermos.

 

Un péché sucré :

1. Les jus de fruits. Même si il y en a dans toute l’Amérique du Sud, les jus de fruits frais glacés au lait qui fondent tels un smoothie ou une glace et qu’on vous sert en « jarra » (une carafe entière) n’ont pas d’égal.

2. La « agua de panela », une limonade citron-cannelle ultra fraîche.

3. Le Pony Malta, boisson gazeuse et énergisante à base de malte. Un peu amère au début, on devient vite dépendant!

 

Un émoi:

La chaleur qui s’insinue, règne et instaure ses règles nouvelles. Pas qui s’alanguissent, bus qui roulent toutes vitres ouvertes, vent chaud qui enrobe, ventilateurs brinquebalants… Sur toutes les têtes, sombreros aux larges pans qui siéraient au port frêle des demoiselles, mais, qu’ici, arborent fièrement des fermiers aux épaules larges comme les vaches qu’ils veillent.

Une expression:

« A la Orden ». Les colombiens sont partout et toujours « à vos ordres ». Quand vous entrez dans un magasin ou que vous vous asseyez à une table du marché ce sont ces paroles qui vous accueillent. On ne vous demandera pas « ce qui vous fera plaisir » ou « ce qu’on pourrait vous servir » mais quels sont vos ordres.

Comme l’hyperbole est de rigueur suivent des « mi amor », « mi reyna », « mi corrazon ». Les mots doux ne sont pas ici réservés à l’élu mais ont trouvé place dans le quotidien.

Un mystère:

Les vaches laitières de la zone caféière colombienne. Elles paissent, ont le même regard lourd que toutes leurs alter-egos de par le monde, mais elles sont dotées d’un plus indéniable : de très longues oreilles qui s’allongent vers le bas. On aurait presque envie de les remonter. Avec ces deux moteurs à hélice de chaque côté, elles pourraient s’envoler.

Une rencontre:

Un cochon prénommé Pépita, incarnation même du sens de l’accueil jusque boutiste dans les campagnes colombiennes. Pépita habite Ovajas, une petite bourgade à 100 kms de Cartagena où se tient chaque année un festival de musique traditionnel consacré à la gaïta, longue flûte dans laquelle on souffle à l’aide d’une paille. Arrivée là, on m’a disposé à l’ombre une chaise en plastique et tout le village s’est mobilisé pour me trouver une chambre pas chère… J’étais finalement l’hôte d’un couple de petits vieux qui hébergeait aussi un chien, un faisan et Pepita. Qui avait élu domicile au frais du carrelage des toilettes. La campagne colombienne réserve toujours des surprises.

Sur la côte, hors du temps et du monde, iles pêcheurs de Tagonga, ces Hommes de la Baie soulèvent leurs filets dans une crique à l’abri des touristes.

 

Un paysage:

Ls bougainvilliers qui dégringolent de fleurs et d’odeurs depuis les balcons en bois de Cartagène.

Le Parc Tayrona, espace préservé, sauvage et version attendue des Caraïbes, leurs eaux cristallines léchant le sable blond-blanc.

Mais mon coup de coeur se porte sur un Bout du Monde soufflé par le vent : la Guajira. Un désert d’herbes rases à la pointe de la Colombie, quelques natifs et leurs cabanes en bois, du corail à ramasser en brassée sur les plages, des enfants qui courent jusqu’à la mer ramener leurs seaux d’eau. Ailleurs.

 

Une musique :

Au Sud la salsa prédomine et la Mecque incontournable pour y goûter c’est Cali. Le jeu de jambes de ses habitants est redoutable.

Au Nord et sur toute la Côte Caraïbes c’est le royaume du Vallenatos. La culture caraïbe est « mestizo » un mélange des influences espagnoles, créoles, afros, indigènes et des aventuriers d’origine arabe. Le Vallenato est métisse lui aussi : rythmes syncopés afros, paroles sirupeuses à la sauce latino et accordéon européen. Un genre ultra populaire que toutes les générations apprécient.

Autre symbôle de ce métissage, Etelvina Maldonado, l’une des reines de la musique afro colombienne, le « bullerengue ». Vue lors de l’un de ces derniers concerts à Ovejas. Elle est décédée en janvier 2010 à Cartagena à 75 ans et était sur scène quelques mois avant.

 

Une fierté :

Avoir vaincu les compagnies de bus colombiennes. Partout ailleurs voyager en bus est partique et économique. Sauf en Colombie. Les tarifs annoncés sont exorbitants et souvent plus élevés que les compagnies aériennes low-cost. Mais, en Colombie, tout se négocie. On supplie, on manque de s’évanouir, on « por favor » à n’en plus finir, on sourit et on geint. Dans le pays de l’hyperbole, il faut au moins ça pour qu’on vous baisse le prix. Souvent de moitié.

Une parole de chauffeur :

Petite explication aux touristes frileux de tenter l’aventure colombienne en raison de la drogue, des FARC, des méthodes musclées de la police locale et des règlements de compte en tous genres. « Ici c’est un pays libre. Pour le touriste, il n’y a pas de pays plus tranquille. Il n’y a que les gens qui sont mauvais dont on s’occupe ».

 

Une déception:

L’écart entre les riches, blancs et bien vêtus, et les pauvres, noirs et vêtus comme ils peuvent, est partout en Colombie. Des immeubles clinquants aux cabanes branlantes. Des plages époussetées à celles jonchées de déchets. Des résidences privées avec garde de sécurité aux grappes d’enfants qui font la manche, une rappe en guise d’instruments. C’est un pays sublime mais marqué par une disparité sociale qui explique sans nul doute sa violence. Il faut y être préparé. Sac au dos, on évolue et est accueilli dans les deux mondes.

Une impression :

Contrastes. Des couleurs de peau : mélangées, métissées. Comme au Brésil l’éventail va de la blonde aux yeux bleus à la plus pure afro aux yeux noirs, profonds et envoûtants.

Des modes de vie. Et des moyens. Quand à Cartagena, les belles défilent en talons vernis, robes vaporeuses et sacs siglés, à quelques heures de là, à Riohacha, le port du bigoudi sur le pas de sa porte est toujours d’actualité. Comme souvent dans les Caraïbes, les cinq premières rues parallèles à la plage regroupent les quartiers chics et tranquilles. Tous ceux qui suivent rassemblent des chemins de poussière, des marchés à l’air libre où volent les mouches, crie la musique, et explose la vie, désordonnée.