Essence de Bolivie

¿ Hablas Español ?

"Chevre" et, mieux "muy chevre" :

« cool » ou « vraiment très cool ». On l’utilise tout le temps, pour tout. Quelque soit le plan ou l’idée si ils ne sont pas « chevre » c’est que quelque chose cloche.


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Où il est question de plats, de musique et de petites phrases…

 

Trois valeurs gastronomiques aux quatre coins du pays:

Le Milaneze de Pollo, une escalope de poulet aplatie, recouverte de farine et frite. La gastronomie bolivienne n’est pas la plus fine du continent mais assurément l’une des plus roboratives. Chaque plat est systématiquement servi avec du riz, des pommes de terres et souvent une céréale type blé ou quinoa.

La Sopa de quinoa ou de trigo (blé), une valeur sûre des marchés.

Le « té con té », un maté infusé mélangé à l’alcool national, le Singani. Pour combattre doublement le froid. Dans les régions plus chaudes, on mélange le Singani à la limonade.

 

Un péché sucré:

Le « leche de avena con canella » au petit-déjeuner. Flocons d’avoine, lait et canelle, disponible dans tous les marchés des Andes. Et les jus de fruits frais pressés: oranges, citrons, pamplemousses, ananas, vendus sur des charrettes dans les rues.

 

Un émoi:

Le froid de ce matin du 21 juin, jour de l’année nouvelle à Tiwanaku. Un froid qui perce et fait trembler les os. Jusqu’à ce que le soleil se lève et qu’on tende les mains pour en cueillir les premiers rayons. Tambours, quena, rondes et drapeaux incas. Magie.

 

Une expression:

La « yapa », autrement dit le « rab ». Quand on vous sert un jus de fruits ou un plat il serait malvenu de ne pas demander la « yapa » ce petit supplément qu’on vous a gardé de côté.

 

Un mystère:

Les bus qui défilent à La Paz. Les plus nombreux sont les « mini » associés à des chiffres: des vans collectifs qui parcourt la ville selon un itinéraire préétabli et s’arrêtent à la demande. Les « trufi », voitures-taxis qui affichent leurs itinéraires peuvent vous déposer à votre porte. Et les « micro » associés à des lettres, les plus gros. Ils n’ont qu’un chauffeur qui conduit, encaisse et papote en même temps. Même lui n’a pas su me dire pourquoi les plus gros s’appelaient, contre toute logique, « micro ». Ou n’aurais je rien compris?

 

Une rencontre:

« Mr 89 », un papillon docile, aux ailes bleues nuits. Quand ils les ferment apparaît le chiffre 89 dessiné en noir sur ses ailes blanches. Je l’ai croisé dans la jungle de Coroico.

Tout aussi fragile et mystérieux, Daniel, artisan, posté sous les Arcades du Mirador de la Recoleta à Sucre. Diplômé, cultivé, il a choisi de vivre de son art, les bijoux qu’il façonne, pour ne pas servir un système qu’il dit corrompu. Un pied dans chaque monde, il m’a ouvert celui des artisans et, par là-même, m’a offert de repenser mes valeurs : le début d’un nouveau voyage.

 

Un paysage:

Evidemment Uyuni, son salar gercé, son désert de pierres, ses lagunes sublimes.

Mais aussi la lagune de Tarapaya, aux environs de Potosi, des eaux chaudes endormies dans un cratère de volcan, un bain délicieux alors que soufflait le froid, au milieu de montagnes ocres. Alternative à la visite controversée des mines d’argent où continuent de travailler des êtres humains dans des conditions animales.

 

Une musique:

Le son du charango, une petite guitare à dix cordes, typique de la musique folklorique bolivienne. Le charango est né à Potosi et s’y fabrique toujours les meilleurs.

Les rois de la salsa, c’est dans les bars de La Recoleta, les quartiers hauts de Sucre, sur un vieux juke-box, que je les ai découverts :

 

Une fierté:

Avoir été jugée de confiance suffisante pour noter les points au Qacho, un jeu de dés qui fait loi parmi les hommes le dimanche.

  • On lance les dés par trois. On peut faire tourner chaque dé sur sa face opposée. Et on compte.
  • Une suite, « una escalera » : 1,2,3,4,5. Vaut 25 points. 20 si on change une face du dé.
  • Un Full: 3 tierce et une paire. 35 points. 30 si on change de face.
  • Un Poker: quatre fois le même chiffre et un différent. Vaut 45 points. 40 si on change de face.
  • On « apaga la luz » quand on a 5 fois le même chiffre sans faire tourner le dé. Victoire par ko, tout le monde va se coucher.

 

Une parole de chauffeur:

« No importa ». Un soir de grand froid j’opte pour un taxi. 5 bolivianos la course. J’ai un billet de 10 ou 2,70 en monnaie. Avec un grand sourire le chauffeur m’a pris la petite monnaie. Même avec deux bouts de ficelle ou 2,70 bolivianos de monnaie ce pays et ses habitants font tout pour avancer.

 

Une impression:

Fascination et distance. Les joues rouges des filles, leurs jupes en velours, leurs châles brodés, leurs tresses et leurs chapeaux melons, leurs enfants sanglés dans des couvertures colorées… Même si elle change peu à peu, la Bolivie est encore très rurale et fidèle aux traditions andines. Brouillonne, chaotique, dure, créative, c’est la vraie Amérique des Andes celle des racines incas, de la langue quechua et des tresses paysannes. Une identité qu’on frôle du regard mais dont les clés nous échappent.