Essences de l’Argentine

¿ Hablas Español ?

"Chevre" et, mieux "muy chevre" :

« cool » ou « vraiment très cool ». On l’utilise tout le temps, pour tout. Quelque soit le plan ou l’idée si ils ne sont pas « chevre » c’est que quelque chose cloche.


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Où il est question de plats, de musique et de petites phrases…

 

Trois valeurs gastronomiques aux quatre coins du pays: 

Empanadas: chaussons farcis de viande hachée, raisins et oignons pour les puristes… de fromage, poulet, légumes pour les créatifs. Les vendeurs se promènent, cartons à la main, soulèvent un pan de tissu et vous le tendent encore chaud. Le jour de la Fête de la Vierge de Molinos, dans les provinces du Nord, il m’a fallu attendre une heure et jouer des coudes pour extirper 5 empanadas des mains du boulanger. Les familles venaient les retirer par paniers entiers.

Asado: pièces de bœuf assaisonnées de gros sel et grillées au barbecue. Le bœuf argentin est la religion la mieux partagée du pays. Le premier soir de mon arrivée en Argentine, j’ai posé mon sac à Tilcara, dans les montagnes du Nord. Deux heures après, l’asado était prêt. Viande moelleuse qui fond en bouche, les argentins la servent avec du pain rien d’autre. L’asado se suffit à lui-même.

Malbec: le vin de Mendoza. Rond en bouche, il est le compagnon exclusif de l’asado. La vigne est française mais s’épanouit mieux en terres argentines.

 

Un péché sucré:

Le Dulce de Leche, un caramel fondant vendu en pot qu’on utilise comme pâte à tartiner ou en pâtisserie entre deux biscuits sablés, les « alfajores ». Ce mot lui-même est celui que le voyageur ne pourra jamais prononcer correctement sans provoquer l’hilarité des argentins, car il contient le « r » qui se prononce « ere » en claquant la langue sur les dents de devant et le « j » qui se prononce « r » et vient du fond de la gorge. Qu’importe, le dulce de leche est excellent à même la cuillère.

 

Une exception:

L’agneau à la braise, fleuron de la gastronomie patagonienne. Il tourne entier autour d’une énorme broche verticale dans un restaurant de Trelew.

 

Un émoi:

Le talon aiguisé de Madame qui frôle le mollet de monsieur, dessinent des ronds de jambes et vient marteler le sol. Calligraphie érotique dessinée à deux. Le tango, une histoire qui colle aux corps des danseurs.

Une expression:

« Me mata » ou « me encanta » qui ponctue presque toutes les conversations argentines. Une façon de marquer son approbation, à placer si possible dans un grand éclat de rire qui se mêlent aux éclats de voix.

 

Un mystère:

Les lois du monde de la nuit. Minuit, un vendredi soir, il semble qu’on puisse enfin sortir. Plus tôt c’est inenvisageable. Premier Stop au Museum, un club qui a pris place dans un Musée dessiné par Mr Eiffel. Impossible, ils n’ouvrent qu’à 1h30. Deuxième stop au Club One, select, 20 euros l’entrée, une fortune ici. Troisième stop, on aperçoit une queue de 50 mètres sur le trottoir. Il est 1h ça ne va pas tarder à ouvrir. On se réfugie dans un café en attendant que la foule avance. Complice, je souligne à la serveuse que ce lieu doit être très populaire, « ah non pas spécialement ».

 

Une déception :

Les espadrilles de mon gaucho. J’ai fait tout exprès un détour pour monter un vrai cheval de la vraie pampa argentine à San Antonio. Et, là, quelle ne fut pas ma déception, pas de chapeau de cow-boy ni de bottes en cuir qui claquent ou d’éperons d’argent. Dans la région de Rio del Plata, la chaussure populaire est l’espadrille, les « alpargatas », vendues dans toute la ville, et le chapeau plus proche d’un béret. Gaucho et basques, même combat : un fantasme de moins à mon répertoire.

 

Un cheveu sur la langue:

Si vous aussi vous vous demandiez pourquoi le « Che » s’appelait le « Che » ne cherchez plus. Dans toute l’Amérique du Sud, les Argentins sont des « che ». La faute à leur tendance à chuinter l’espagnol. Par exemple alors que le « je » en espagnol s’écrit « yo » et se prononce « io » partout ailleurs, les argentins le prononcent, eux, « cho »…

« Che » est une façon d’interpeller quelqu’un particulièrement pour les « porteños », habitants de Buenos Aires : « che, vos » pour « eh, toi ». En partant sur les routes d’Amérique du Sud à la rencontre du continent qui était le sien, il est devenu El Che.

 

Une musique:

Evidemment un tango. Au choix Carlos Gardel ou Astor Piazzola, les deux ténors qui se disputent la place dans la légende argentine. Mais le tango c’est aussi une musique contemporaine et une foule étonnamment jeune qui vient perpétuer la tradition dans les milongas. Coup de coeur pour l’Orchestro Tipica El Afronte qu’on rencontre dans les rues de San Telmo, le dimanche, jour de feria.

 

Mais aussi : 

  • Mercedes Sosa, « La Negra » était l’une des grandes voix du folklore argentin.
  • Et Atahualpa Yupanqui pour l’hommage aux racines indigènes des Argentins que les habitants du Nord n’oublient pas.

 

Une fierté:

Connaître quelques mots de « lunfardo », l’argot de Buenos Aires, un mélange d’espagnol et d’italien à la sauce porteno. Les filles sont des « minas », l’argent « la guita », les endroits pour danser les « boliches ». Sans oublier le « che »!

 

Une parole de chauffeur:

Dans le bus qui filait de Buenos Aires au Paraguay, deux chauffeurs m’invitent à visiter leur cabine pour que je vois comment ils changent de place l’un avec l’autre pendant que le bus file à vive allure. Sans doute pour me donner un avant-goût de leurs autres aptitudes gymnastiques. Éconduits, ils ont cette réplique de beaux perdants: « De toute façon, vous, les gens du Vieux Continent, vous ne faites jamais rien rapidement ».

 

Une impression:

Le souffle coupé. L’Argentine est moins dépaysante que les pays voisins car plus proche de notre culture européenne. Mais la beauté de ces paysages, l’impression de traverser dix pays en un et le sens réel du respect de la nature n’a pas d’égal.