Bienvenue chez vous

¿ Hablas Español ?

"Buena onda" ou "mala onda" :

sympathique ou pas.

Une expression relative à l’énergie, au fluide qui passe avec une personne, ou à notre histoire commune.

Si tout se passe bien, vous êtes « buena onda », tranquille, facile à vivre et pas pénible.

Si vous m’avez fait un sale coup, vous devenez « mala onda », pas très fréquentable, nid à problèmes.


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Où il est question d’un seul homme, de l’art de recevoir argentin et de l’envie de crier « arriba Vincente! »

 

Dire d’un pays qu’il est accueillant, que les gens y sont sincères, sympathiques, ouverts, c’est tomber dans un cliché qui s’applique à plus d’une destination de vacances. Mais que pourrait-on dire d’autre après avoir rencontré Vicente ?

Vicente est l’heureux propriétaire des cabanas de la Posada Rural dans le petit village de Maïpu, au cœur des vignobles de la région de Mendoza. Trois chalets tout neufs, plantés dans un jardin à la pelouse impeccable piqué d’arbres fruitiers. Dehors, de la pierre brute. Dedans du bois, une petite cuisine, une chambre en mezzanine. Le confort et la touche rustique : un rêve du citadin privé de vert. Le tout a à peine cinquante pas des vignes. 
Jusqu’à ce qu’il arrive pour m’amener en voiture sur ces terres Vicente n’était qu’un nom sur une liste attrapée au vol avant la fermeture de l’office du tourisme. Il est vite devenu indispensable.

 

 

D’abord il n’a pas voulu que je prenne un taxi. « Puisque je peux être là en dix minutes. » Ensuite, il a repris cette même voiture quelques heures plus tard pour me conduire au supermarché : il y avait une vraie cuisine, je n’avais pas prévu les courses.

 Il n’est pas allé jusqu’à pousser le caddie, pas eu le temps. En revanche, il a patiemment fait la queue à la boucherie pour choisir la meilleure viande en vue de préparer un « asado », le barbecue argentin, la religion locale. Le lendemain soir il était au charbon, occupé à cuire à la perfection ladite pièce de boeuf pendant que j’avais obligation de me prélasser en goûtant les vins locaux.

 

Du soir au matin, il me demandait si tout allait bien, si je n’avais besoin de rien. « Aux petits soins », ça voulait donc dire ça. J’ai lorgné sur son vélo pour faire le tour des vignobles. Il l’a regonflé. J’ai fait demi-tour, rapidement à plat. Il est allé chez son voisin en « emprunter » un.

Un matin, il s’avance à pas discrets et m’offre, fier et ému, un pot de miel, sa production locale, cadeau de la maison. Un cadeau qui lui a coûté au sens propre puisque cet apiculteur a toujours eu peur des abeilles. Au loin, dans l’ombre de la maison prinicpale, sa mère veille et je crois déceler un sourire sur ses lèvres. Serviable, timide, un peu gauche : n’aurais-je pas affaire à un fils à maman ?

 

Le dernier jour, alors qu’il me raccompagnait dans le centre de Mendoza, « pourquoi prendre le bus, j’allais justement y aller? », une jolie blonde, gentille avec maman, s’est glissé dans le siège passager.

 

Vicente était serviable par nature, disponible par essence, souriant naturellement, comme nombre de ses compatriotes qui, dès qu’ils le peuvent, soulignent à quel point tout est formidable à coups de « me encanta » (« cela m’enchante »). Vicente s’appelait Pedro à la Peninsula Valdès et tenait une auberge-camping, Marcelo à Cafayate et son hôtel de routards, Juan et Carolina perdus sur la Route des Sept Lacs près de Bariloche, Inès à Buenos Aires. Dès qu’un argentin vous ouvre sa porte, vous êtes chez vous.

Vicente était le premier sur ma route, le préféré. Tellement discret que je n’ai même pas pensé à l’immortaliser. J’espère que la jolie blonde n’en fera pas tout ce qu’elle voudra.